Publié le

Ethique et morale ? Réflexion pour l’été

La morale, selon André Comte-Sponville, est constituée de l’ensemble de nos devoirs, les obligations que nous nous imposons à nous-même, indépendamment de toute récompense ou sanction attendue, et même de toute espérance.

Il considère que l’entreprise n’est ni morale ni immorale, elle est simplement amorale, c’est-à-dire hors du champ de la morale. Son but est de créer des richesses pour ses propriétaires et la communauté dont elle fait partie, par la création d’emplois et l’impôt, dans le respect des lois et des règles qui régissent son environnement.

A ce titre, l’entrepreneur ou le chef d’entreprise doit mettre en tête de ses priorités la satisfaction du client, objectif premier de son action, le seul qui lui permette de créer la valeur qui rémunérera le capital, les salariés et l’environnement.

Son rôle n’est pas de définir ou de décider de ce qui est bon pour la cité ou encore de faire entrer dans son entreprise des considérations politiques ou morales extérieures à son objet.

Ce qu’on appelle morale des affaires n’a rien à voir avec la morale. Il s’agit, en réalité, de l’éthique personnelle du dirigeant, de sa façon de conduire sa vie et d’influencer ceux sur lesquels il a autorité. Pour les grecs anciens, l’éthique (Ethos) relève du bon et du juste. C’est la voie vers la bonne vie.

Il s’agit donc d’un cheminement vers une façon de se comporter, en harmonie avec ses devoirs, ce qui exige un travail sur soi permanent – une conversation critique interne – pour rester dans un rapport de vérité et savoir évaluer lucidement sa compétence, ses capacités, ses limites et ses faiblesses.

Attention toutefois, à ne pas tomber dans l’angélisme. Il n’y a pas à choisir entre l’homme et la performance de l’entreprise, entre l’entreprise et la société des hommes, entre les objectifs économiques et l’éthique.

L’entreprise, nous l’avons vu, est amorale et doit remplir son objectif de création de valeur. A sa tête, un homme doit, par son éthique dans la conduite des affaires, tenter de trouver la bonne voie. Le meilleur moyen pour lui de concilier ces objectifs, apparemment divergents, repose sur trois attitudes essentielles.

Premièrement, l’humanisme qui n’est ni de la philanthropie, ni le reflet d’un engagement humanitaire, mais une façon de reconnaître l’homme dans toute sa dimension et à le mettre au centre de tout.

Deuxièmement, le courage, le courage de faire, le courage de trancher, le courage de rester humble, le courage d’accepter l’échec et le courage de rebondir.

Enfin, l’exemplarité sans laquelle aucun leadership n’est possible.

Aujourd’hui, comme de tous temps pour les agriculteurs, les artisans et les commerçants, les barrières entre vie privée et vie professionnelle ont tendance à disparaître. L’unité de conduite de sa vie devient donc la règle.

Jamais ne s’est autant justifié cet aphorisme d’Albert Camus dans « Noces » : « Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ».

Une idée, un commentaire ?

Allez dans l’espace réservé à cet effet sous le blog

Vous envisagez de vous faire accompagner ?

Ecrivez-moi : alain.goetzmann@deltaintermanagement.com

Téléphonez-moi : +33 607 552 646

Une réflexion au sujet de « Ethique et morale ? Réflexion pour l’été »

  1. […] L’attitude et le comportement à adopter sont, en permanence, l’une des préoccupations du leader, tant la conduite des hommes exige l’exemplarité de sa part. Il est pourtant confronté, au quotidien, à de nombreux paradoxes au sein desquels il doit systématiquement faire le choix de l’option gagnante. En voici quelques-uns : […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

test anti bot *