Externaliser les compétences

(Contribution au Portail des PME du 15.05.2012)

Pour se donner toutes les chances de réussir, un chef d’entreprise doit se concentrer sur le cœur de son métier : sa connaissance des produits, des services et des marchés, la recherche de la perfection dans son savoir-faire et la conduite éclairée des hommes. L’une des antiennes de Peter Drucker (1909-2005) était : «concentrez-vous sur ce qui marche bien pour que ça marche mieux et débarrassez-vous de ce qui ne marche pas». Evidemment, cette opinion concernait surtout les arbitrages à rendre entre le maintien ou la suppression de différentes activités d’un groupe mais elle se vérifie également pour l’évaluation des fonctions-support.

Combien de chefs d’entreprise perdent un temps précieux à s’occuper de comptabilité, d’informatique ou de transport au détriment du service au client, du développement des produits ou même…..de leur santé ?

Il faut systématiquement externaliser ce qui peut l’être, dès lors qu’on n’a pas les moyens d’y affecter un personnel à plein temps, conduit par un spécialiste à qui on peut totalement déléguer la fonction et qui prouve tous les jours son efficacité économique. Si ces conditions ne sont pas remplies, il faut externaliser. Ceci vaut pour toutes les fonctions non-stratégiques de l’entreprise, celles qui ne sont pas ou ne protègent pas le cœur de métier. On dispose ainsi d’une organisation plus simple, plus facile à conduire, orientée vers l’essentiel et motivante pour les hommes qui la composent.        Contrairement à une idée reçue, les fonctions externalisées sont, la plupart du temps, moins chères que leur exécution interne. En effet, elles sont le cœur de métier du fournisseur qui a été retenu ; sa marge nette est obtenue, non sur le client, mais sur une meilleure productivité de son personnel, des achats mieux négociés et, d’une façon générale sur une bien meilleure efficacité économique car il est, lui-aussi, aiguillonné par ses propres concurrents. Ajoutons que ce fournisseur dispose d’un personnel forcément plus qualifié, mieux formé et que sa connaissance de son métier lui permet d’anticiper les évolutions technologiques et règlementaires, ce dont il fera profiter son client.                                                                                                              L’externalisation des compétences apporte trois atouts supplémentaires :                       -         une plus grande flexibilité : un fournisseur, gérant de nombreux clients, a une faculté d’adaptation à la charge beaucoup plus forte que l’effectif que gère l’entreprise directement,                                                                                                                        -         un échange fécond dans la relation client/fournisseur : le fournisseur, dont c’est la spécialité, est toujours en recherche de solutions nouvelles pour améliorer l’efficacité de sa prestation ; il est donc, en permanence une force de proposition constructrice et permet à son client d’évoluer avec lui.                                                                               -         l’indépendance de jugement et l’objectivité d’un professionnel dont la vision de l’entreprise est neuve, gage de solutions originales.

Même, et surtout, pour les petites entreprises, son dirigeant, pour ce qui est des fonctions accessoires, se posera systématiquement la question : « make or buy » (faire ou acheter) et la chiffrera. C’est l’objectivité du calcul qui lui donnera la réponse. Attention, toutefois, aux fausses économies. Une TPE de 500K€ de chiffre d’affaires qui déciderait d’externaliser son informatique auprès d’un prestataire indien se heurterait sans doutes à de cruelles désillusions. Le prix n’est pas le seul critère à prendre en considération lorsqu’on externalise. Il faut évaluer l’ensemble des facteurs qui composent la prestation, dont le prix, mais pas seulement le prix apparent. L’externalisation de compétences est, dans l’ensemble, la meilleure solution pendant les périodes de croissance, celles où le chef d’entreprise se concentre sur des objectifs toujours plus ambitieux. Il est libéré des tâches non stratégiques et peut aller, en permanence, à l’essentiel. Au cours des dernières années, on a d’ailleurs vu se développer de nombreuses fonctions-support au service des entrepreneurs, les directions informatiques, des ressources humaines et financières étant les plus récentes et parmi les plus techniques. On peut maintenant bénéficier d’un DSI, d’un DRH ou d’un DAF justifiant de connaissances pointues dans de bonnes conditions économiques.

Le monde de demain se fait autour des réseaux : internet, intranet, réseaux sociaux, réseaux privés. Les entrepreneurs d’aujourd’hui doivent donc s’inscrire dans cette dynamique de réseau en faisant, eux-mêmes ce qu’ils savent le mieux faire et en cherchant les meilleurs pour externaliser les fonctions-support dans le maillage d’un réseau de compétences qu’ils animent.

Front contre Front ; y a-t-il des extrêmes moins fréquentables que d’autre ?

Ce résumé du dernier sondage CSA, paru le 9 mai dernier dans Les Echos m’interpelle. La gauche, dans notre pays, est minoritaire. Mais la droite va perdre les prochaines élections puisqu’une fois pour toutes, militants, intellectuels de gauche et journalistes ont décidé qu’il était criminel que les voix du centre-droit, de la droite libérale et de l’extrême-droite s’additionnent. Et pourtant, Modem, UMP et Front National représentent ensemble 52% des voix quand Ecologistes, Parti Socialiste et Front de Gauche en représentent 45%.                                                                                   Quelle extraordinaire mystification ! Le piège imaginé par François Mitterrand à son accession au pouvoir fonctionne encore, quelques trente ans après. Grâce à la modification du mode de scrutin, engagée en mars 1985 par Laurent Fabius, alors Premier Ministre, provocant, par parenthèse, la démission immédiate de Michel Rocard, ce sont 35 députés Front National qui étaient entrés à l’Assemblée Nationale en 1986. La Gauche espérait ainsi, à l’époque, faire exploser la droite traditionnelle. Depuis, la droite traîne le Front National comme un chancre mou dont elle ne se débarrassera jamais si elle continue à accepter la dictature des soi-disant bons esprits de gauche.   Va-t-elle, cette droite, continuer longtemps à se laisser voler ses circonscriptions par  une gauche qui l’enferme dans des triangulaires sans solutions ? La gauche noue des accords électoraux avec son extrême-gauche mais la droite elle, n’en a pas le droit.    Au nom de quelle morale, le parti socialiste, paré de probité candide et de lin blanc, peut-il impunément continuer à jouer ce jeu ? Y a-t-il une différence d’éthique entre les 2 Fronts ? Leurs politiques économiques sont également idiotes, leurs théories sur l’immigration également irréalistes et leurs leaders également outranciers. Il n’y a donc pas le bien d’un côté, le mal de l’autre. Mais, et c’est très important, ils rassemblent, au total, un quart de l’électorat qui exprime ainsi sa misère et son anxiété. Et cet électorat doit être représenté pour ne pas se sentir totalement exclu. Alors, soit nos élites bien-pensantes considèrent que ce ne doit pas être le cas et le parti socialiste renonce à ses accords électoraux avec le front de gauche et les communistes ; soit on accepte la démocratie dans toute son acception et on laisse, sans lui jeter d’anathème, la droite s’allier avec le front national dans des accords de désistement réciproques. J’entends parfois d’éminents membres de l’UMP s’engager à voter socialiste en cas de duel Front National/Parti socialiste ; je souhaiterais donc entendre qu’en cas de duel UMP/Front de Gauche, quelques  leaders socialistes choisiraient de voter UMP.
Cessons ces hypocrisies : il est temps que la droite redevienne réaliste sauf à garder, pour toujours, son qualificatif de droite la plus bête du monde.

En tête des nouveaux enjeux du management des PME: intégrer une vraie direction financière

(Contribution au Portail des PME du 17.04.2012)

Aujourd’hui, tout va vite ; il faut donc diriger beaucoup plus vite. La connaissance de son métier, les réflexes acquis par l’expérience et l’intuition de l’avenir sont des qualités nécessaires mais elles ne sont plus suffisantes. Avec la crise, l’environnement bancaire devient incertain ; des compétences financières sont donc désormais indispensables pour accompagner l’entrepreneur et l’aider à anticiper les risques.

La direction financière s’est, depuis longtemps, libérée de l’interprétation littérale des résultats comptables. C’est aujourd’hui une fonction dynamique dont le rôle est de maîtriser les outils nécessaires à l’analyse et au suivi de l’équilibre financier, d’aborder les opérations financières avec une vision stratégique et d’évaluer les enjeux liés aux éventuelles modifications du haut de bilan. En une phrase, c’est : optimiser la rentabilité des fonds propres sans mettre en danger l’entreprise.

On attend de la direction financière des compétences techniques, bien sûr, mais aussi une vraie empathie aux femmes et aux hommes de l’entreprise afin que ses directives, ses avis et ses conseils soient suivis d’effet. Pourquoi alors, puisque les grandes entreprises ne peuvent pas s’en passer, les petites n’en bénéficieraient-elles pas ? Toute entreprise, grande ou petite doit disposer d’un strict contrôle de gestion et d’une parfaite maîtrise de ses flux financiers:

-Contrôle de gestion :                                                                                                   Même simple, le regroupement des données comptables et commerciales, dans des
synthèses claires, est indispensable. Il permet d’appréhender et de mesurer, par des chiffres-clés associés à des indicateurs-métiers, l’évolution de l’entreprise par rapport au passé (mesure de progrès) et par rapport aux objectifs (mesure de performance), et ceci, quelle que soit la taille de l’entreprise. Ces éléments sont simples à mettre en œuvre ; il suffit de le vouloir et d’exiger que soient enregistrés régulièrement les documents comptables qui accompagnent les évènements d’une entreprise. Les techniques qui permettent d’améliorer les performances : lean management pour un fonctionnement plus frugal, benchmarking pour se mesurer à ses concurrents, mécanismes de formation des prix, ABC Costing et Analyse de la valeur pour optimiser marge et compétitivité, Yield management pour une meilleur occupation des hommes et des investissements sont autant de locutions barbares pour définir des techniques de bon sens, de surcroît simples à utiliser.

-Flux financiers :                                                                                                               On peut très bien gagner de l’argent et faire faillite si on ne sait pas gérer ses avoirs. Prévoir l’évolution de son financement et de sa trésorerie, gérer avec attention comptes clients et fournisseurs, garder un œil vigilant sur les stocks et apprécier la rentabilité prévisionnelle de ses investissements ne sont pas du temps perdu. Les méthodes et techniques financières ne sont pas compliquées et ne sont pas l’apanage des grands groupes. Il faut donc, qu’à côté du métier exercé par l’entreprise et généralement conduit par son fondateur dans les PME, il y ait un collaborateur qui les maîtrise et l’aide à prévoir et à mesurer les enjeux de ses décisions.

Bien sûr, un poste de directeur financier a un coût et, selon la taille de l’entreprise, ce coût peut être rédhibitoire. Mais aujourd’hui, on commence à trouver des cabinets de direction financière externalisée à temps partagé. Voilà, pour les plus petites, un moyen d’intégrer à l’entreprise, des techniques de gestion modernes et efficaces dans le cadre d’un budget maîtrisé. L’entreprise de demain devra concilier excellence dans son métier, performance dans sa gestion et optimisation de ses flux financiers. Comme chaque PME a vocation à devenir une grande entreprise, plus tôt elle intègre ces méthodes et plus vite elle ira.

Ne pas protéger les anciens emplois mais en créer de nouveaux

L’analyse de Nicolas Bouzou, directeur d’Asterès (cabinet d’études économiques et de conseil).

Le chômage de masse est-il une fatalité?                                                              Sûrement pas. La preuve, certains pays ont trouvé des remèdes efficaces. Les pays scandinaves ont assoupli les règles du marché du travail, simplifié le droit du travail et baissé le coût du travail. En même temps, ils ont renforcé le service public de l’emploi et relevé le niveau de formation professionnelle. Avant la crise, ils avaient presque retrouvé le plein-emploi. Continue reading

Free : une liberté destructrice d’emplois ?

Un marché en voie de stabilisation, des concurrents qui ronronnent, des clients anesthésiés par la complexité des tarifs et soudain : avec des prix renversants et un culot d’enfer, Free vient bouleverser la donne dans le téléphone mobile.

Bravo ! Bravo ?

D’abord, le service est loin d’être parfait ; ensuite, le soutien technique d’Orange est indispensable à son déploiement ; enfin, stupeur, le consommateur découvre que la Continue reading

Bonus de Maurice Lévy : de quoi se mêle-t-on ?

Voilà une entreprise privée, Publicis, présente sur les cinq continents, dans les tous premiers chiffres d’affaires mondiaux de la publicité et qui ne doit aucune de ses ressources, de près ou de loin, à l’argent public ; voilà un Président du Directoire dont l’action et le talent ont fait d’une PME franco-française moyenne un groupe mondial reconnu ; voilà des actionnaires, représentés par une Présidente du Conseil de Surveillance, Madame Elisabeth Badinter, philosophe réputée, dont les convictions de gauche sont de notoriété publique, qui ont approuvé régulièrement un Continue reading

France-Allemagne : l’impossible comparaison

Les relations entre Français et Allemands ont, de tous temps, été gouvernées par l’émotion et l’ambiguïté. Les Allemands voudraient que les Français les aiment au lieu de les admirer et les Français que les Allemands les admirent alors qu’ils les aiment. D’ailleurs, en Allemagne, quand on veut décrire le bonheur parfait, on dit : « Wie Gott in Frankreich – Comme Dieu en France ».

Depuis quelques temps, sous prétexte de convergence, on nous explique qu’il faut copier le modèle allemand. C’est certainement un objectif théorique vertueux mais le
retard accumulé depuis la fin de la dernière guerre mondiale ne permet pas d’imaginer que nous puissions nous mettre à niveau dans des délais raisonnables en imitant simplement nos voisins. D’ailleurs, n’est-il pas trop tard, compte tenu de la fantastique évolution de la société et des enjeux nouveaux d’une économie mondialisée ?

Il y a, entre nos deux peuples des différences fondamentales, certaines culturelles,
d’autres de comportement. Et au premier chef, le mépris dans lequel le Français tient l’économie. Pendant longtemps, à l’abri de frontières hermétiques, il a été possible, entre deux dévaluations du Franc, de considérer que la noblesse de la politique ne s’embarrassait pas de querelles d’épiciers. Aujourd’hui, les barrières douanières sont tombées et nous dépendons d’une monnaie unique. Quelques esprits clairvoyants ont donc subodoré que nous étions désormais réduits à trouver les moyens économiques de notre politique et non l’inverse. Examinons les autres  divergences.

L’environnement économique

L’une des composantes majeures du miracle économique allemand, est son « Mittelstand », ce corps de PME et d’ETI qui assure le succès de l’industrie, de ses emplois et de la balance commerciale par la conquête des marchés étrangers. Il n’est pas le produit d’une génération spontanée ; des éléments subjectifs et objectifs ont permis à un pays complètement détruit par la guerre de se reconstruire rapidement. D’abord, les Allemands aiment leurs entreprises, les pouvoirs publics veillent à leur assurer un environnement favorable et l’administration se comporte en  soutien, pas en censeur. Quand, en France, on rêve de dépecer Total et ses profits soi-disant pharamineux – alors qu’ils sont largement inférieurs à ceux de ses concurrents – en Allemagne, on est fier de Daimler-Benz.

Pendant de nombreuses années, les pouvoirs publics français ont considéré que, par
nature, un patron est un fraudeur et un tricheur. Ils ont donc mis en œuvre des politiques coercitives qui se sont avérées ruineuses pour l’industrie : fiscalité confiscatoire, contrôle des prix qui a laminé les marges et empêché la constitution de fonds propres solides, contrôle des changes qui l’ont détournée du commerce extérieur, encadrement du crédit, dévastateur pour la croissance.
Pendant les fameuses trente glorieuses, sous des gouvernements de droite comme de gauche, les entreprises allemandes se sont déployées à grande vitesse grâce à un climat libéral tandis que les françaises ne profitaient que des miettes du festin.

Le financement

En Allemagne, une PME ou une ETI n’a qu’une banque, la « Hausbank – Banque
maison ». Elle lui assure les financements dont elle a besoin, gère tous ses mouvements et le banquier se comporte quasiment comme son directeur financier.
A l’entrepreneur la gestion et la conquête des marchés, au banquier la trésorerie et la politique financière. Cela marche très bien, dans un climat de confiance réciproque, souvent amical. En France, la nationalisation des banques en 1945 a mis à leur tête nombre de hauts fonctionnaires, pour le moins méfiants et même condescendants
vis-à-vis des entrepreneurs. Les relations banque-industrie commençaient mal. Puis,
l’encadrement du crédit a eu pour conséquence la multiplication des banques pour une même entreprise. La méfiance s’est donc accrue. Enfin, comme chez nous, le législateur adore compliquer à souhait des liens qui devraient rester du domaine privé ou contractuel, l’invention du « soutien abusif », destiné à sanctionner les banques à la suite de crédits jugés disproportionnés, est venu à point nommé pour les éloigner définitivement du risque entrepreneurial.

Le social

La recherche du consensus, en Allemagne, est la règle. On discute, on échange, on
argumente, mais on finit toujours par trouver un compromis. En France, avec des syndicats élevés au biberon de la lutte des classes, on fait d’abord la grève et on discute éventuellement ensuite. Je m’interroge souvent sur le coût global du différentiel entre le nombre de jours de grèves en Allemagne et en France depuis 65 ans.  Il doit être phénoménal.

Mais le point d’orgue, c’est l’apprentissage. L’un des derniers présidents de Daimler-Benz en est issu. Peut-on l’imaginer chez nous ? L’apprentissage, clé de voute de l’insertion professionnelle, forme, très jeunes, de bons ouvriers dont les meilleurs sont promus agents de maîtrise et se voient ensuite confier la responsabilité de former de nouveaux apprentis. C’est le niveau exceptionnel de sa maîtrise qui a fait de l’industrie allemande le fournisseur mondialement reconnu de produits de haute qualité.

Le politique

Modestes, laborieuses, au service de leurs Land ou du pouvoir fédéral, les élites
politiques ne sortent pas des mêmes écoles et ont une expérience professionnelle préalable à leur entrée en politique. Elles ne mènent pas non plus grand train. Il suffit, pour en prendre la mesure, de comparer les effectifs de la Chancellerie avec ceux de l’Elysée ; le nombre des élus des chambres basses et hautes ; ceux des Länders par rapport à  nos régions et nos départements. L’administration, enfin, est véritablement au service des citoyens. Nous avons, nous, au contraire, depuis soixante ans, construit un empilage administratif qui, progressivement, nous étouffe.

On voit bien que  nos modes de vie et nos comportements sont très différents. S’il est évident que, sur le plan économique, parce que nous sommes irrémédiablement liés, nous devons nous hisser au niveau de l’Allemagne dans le respect des grands équilibres, je ne suis pas sûr que nous y arrivions en tentant de copier servilement toutes ses recettes. Or, nous n’avons pas que des handicaps ; mettons donc en valeur
nos atouts : un taux de natalité qui fera de nous la première population européenne dans moins de 20 ans – et l’une des plus jeune – et une productivité du travail parmi les meilleures du monde. Ce n’est quand même pas rien.

Alors, plutôt que de remettre en cause un modèle social qui ne marche pas si mal, tout
en cessant de tirer des  traites sur l’avenir de nos enfants, acceptons de mettre en œuvre une politique raisonnable, sans brutalité dans son rythme, mais déterminée et rigoureuse,autour de 3 axes :

- Réduction drastique des dépenses publiques, toutes celles qui ne sont pas indispensables – et il y en a beaucoup – afin de commencer à alléger le poids de la dette. Cela va de la réduction des couches du mille-feuille administratif européen, national, régional, départemental, local à l’allongement progressif de la durée du travail, du strict contrôle de la pertinence des aides sociales à la maîtrise du flux migratoire. La France, comme une entreprise doit améliorer sa compétitivité et donc, diminuer ses
frais généraux,

- Réduction de la pression fiscale et sociale et transfert du coût de l’Etat-Providence aujourd’hui assis sur le travail vers la consommation pour améliorer la compétitivité de nos entreprises sur les marchés mondiaux,

- Réduction du chômage par, d’une part, la relance de l’investissement – la croissance par l’offre –afin de garantir l’emploi de demain, et d’autre part, retour à la flexibilité des relations sociales. En rééquilibrant les droits et devoirs des entreprises et des salariés, les entreprises auront moins d’appréhension à embaucher et à recueillir ainsi, pour le plus grand bénéfice du pays tout entier, les fruits de l’amélioration de la compétitivité et de la relance par l’offre.

Nous repoussons ces décisions depuis trop longtemps. Même si certaines avancées ont eu lieu avec, en particulier, la réforme des retraites et le projet d’augmentation de la TVA, elles sont très insuffisantes. Il faut s’attaquer à ces sujets en profondeur, quand les mesures nécessaires sont encore supportables par tous. Faute de quoi, c’est, tôt ou tard, le sort de la Grèce qui nous attend.

L’emploi, conséquence de clients fidèles ?

Stéphane Richard, P-DG de France Telecom, aux Echos d’aujourd’hui, au sujet de la concurrence de Free : «  Je dois dire que je suis assez scandalisé d’entendre un responsable public, en l’occurrence le président de l’Arcep, appeler ouvertement les opérateurs à tirer les conséquences de l’arrivée du nouvel entrant, en allégeant massivement leurs structures de coûts. Est-ce une invitation à procéder à des licenciements, au moment même où l’on cherche à sauver des emplois industriels partout sur le territoire ? Est-ce une incitation au partage d’infrastructures ? Ce serait quand même paradoxal, au moment où tout a été fait pour l’émergence d’un nouveau réseau  »

Le tabou français, qui consiste à refuser d’associer le niveau d’emploi d’une entreprise avec les choix de ses clients est-il en train de vaciller ?

Financement des PME : et pourquoi pas une levée de fonds ?

(Contribution au portail des PME du 21.02.2012)

Culturellement, il n’est pas toujours facile en France, pour l’entrepreneur, d’accueillir des partenaires financiers à son capital. Les jeunes pousses des technologies de
l’information ou de la santé y sont plus sensibilisées et cherchent des capitaux dès le départ d’un projet, d’ailleurs souvent trop tôt, compte tenu de la frilosité des fonds d’investissement au moment de l’amorçage. Mais, dans les jeunes – ou moins jeunes – entreprises opérant dans des secteurs moins technologiques, on préfère souvent recourir aux formes classiques de crédit et « rester maître chez soi », quitte à parfois s’éloigner des ratios prudentiels que toute entreprise devrait observer pour rester pérenne. Continue reading

La France, à nouveau en panne d’emploi

C’est le titre des « Echos » de ce matin, en première page. Nous avons perdu 31.900 emplois nets au dernier trimestre 2011. N’est-il pas maintenant temps de s’interroger sur notre législation sociale et son évolution jurisprudentielle ?

Depuis 1981, la protection des salariés se renforce, année après année, par la négociation entre partenaires sociaux, par la loi et par l’interprétation de plus en plus restrictive  qu’en font les tribunaux.

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